Un nouveau restaurant, avenue Montaigne ! C’est sous le théâtre des Champs-Elysées que le chef péruvien Gastón Acurio va orchestrer les menus. La mise en scène et les décors sont signés Laura Gonzalez.

« Le luxe brut », lâche l’architecte d’intérieur Laura Gonzalez. Deux mots pour définir à merveille le Manko, nouvel éden de la vie parisienne tout juste ouvert par Benjamin Patou, en lieu et place de l’ancienne salle Drouot-Montaigne, sous le théâtre des Champs-Elysées. Au programme, un bar, un restaurant orchestré par l’as de la gastronomie péruvienne, Gastón Acurio, et un « cabaret extravagant », soit mille mètres carrés transformés par Laura Gonzalez en temple du chic, sans bling-bling. De fait, pas question pour celle qui s’est fait connaître en rénovant le Bus Palladium en 2010 à seulement 26 ans, de la jouer clinquant et ostentatoire sous prétexte de Triangle d’or. Pour déjouer les idées préconçues, l’architecte décide de « charger en matériaux tout en restant dans l’épure ». Un numéro d’équilibriste qui lui fait mixer les matières précieuses et brutes, user et abuser du laiton doré tout en recouvrant certains sols d’anciennes tommettes de Bourgogne, laisser les gainages apparents au plafond en habillant les murs d’une patine vert émeraude dense et précieuse, imaginer un bar à ceviche en marbre rouge de Capraia qui jouxte un mur recouvert de carrelage bordeaux. Pérou à l’honneur et immeuble années 30 classé obligent, Laura a également choisi de distiller nombre de détails subtils qui font écho au pays andin et à l’Art Déco. En témoignent les lustres en tubes de verre cannelés dessinés par ses soins, les motifs géométriques des paravents, réinterprétation contemporaine de motifs incas, ou encore le bleu profond de certains murs, inspiré de la photo d’une maison à Cuzco, « tout comme le dessin de la marqueterie qui habille l’avant-bar », précise-t-elle. « Le défi, c’était d’arriver à transformer un espace aussi grand en lieu chaleureux », raconte Laura. La parade sera trouvée avec des paravents qui scindent les espaces du bar, d’imposants luminaires en laiton martelé réalisés sur mesure et suspendus assez bas pour amoindrir visuellement la hauteur vertigineuse des plafonds, ou encore les fauteuils habillés de velours précieux ou de cuir vieilli. Et de conclure, « je voulais que l’on ait la sensation que l’endroit a toujours été là ».

Monumental, l’escalier donne le la.  « C’est le seul élément que j’ai gardé, avec ses garde-corps Art Déco », précise Laura Gonzalez. Mix des genres – brut et précieux –, la décoratrice joue l’or sur les grandes colonnes métallisées dorées, sur les contremarches habillées de laiton, ou l’intérieur des suspensions en laiton martelé, et choisit de laisser les gainages apparents au plafond peint en bleu nuit.

En aparté
Une partie du restaurant joue les couleurs – vert émeraude pour la patine murale , bordeaux pour le carrelage, bleu sur les chaises en velours (Dedar) – et le luxe, avec le bar à ceviche en marbre rouge Capria.

Quand le style andin chahute l’Art Déco parisien

Esprit Art Déco, es-tu là ?
Assurément, avec les dessins géométriques des paravents, le bar en laiton poli et le lustre en tubes de verre cannelés. Une réinterprétation contemporaine du luxe chic des années 30.

En coulisses
La cuisine, visible depuis la salle, est réveillée par un carrelage sur mesure en céramique bleue. Les lampes style années 30, réalisées sur mesure, se marient avec le cuir vieilli (Sofix) de la banquette.

Réalisation : Marie-Claire Blanckaert - Texte : Soline Delos – Photos : Nicolas Mathéus

Au Portugal, farniente à Faro
Jean-Baptiste Huynh, photo sensible