Comment ne pas fondre devant ce refuge des neiges perché sur les hauteurs de Courchevel ? Un chalet minéral à l’architecture radicale et bien enraciné dans son décor de montagne… pour se démarquer de la tradition.

Remontée mécanique
Pour profiter des plaisirs de la baignade l’été, sans rien perdre de la terrasse l’hiver, le fond de cette piscine est mobile et remonte à volonté au niveau du sol en pierre de Vals. Le fauteuil en fourrure “Chummy Frizzy” de Maurizio Galante et Tal Lancman (Opinion Ciatti) réchauffe cet univers minéral.

Force de la nature
Bien que récent, le chalet impose en façade son authenticité à grand renfort de lames de sapin ancien brûlé au soleil (provenance Autriche) et des piquets de quartzite noire (provenance Portugal).

Une architecture organique avec la pierre naturelle en note majeure et le bois grisé en sourdine

Terrassant
Derrière la piscine et la terrasse en pierre de Vals, le chalet ouvre ses vastes baies vitrées (Vitrocsa France) sur la montagne. Les lignes dessinées par les planches de sapin et les piquets le quartzite soulignent celles qui rythment l’architecture de façade. Toiture en lauze de Luzerne (provenance Italie).

Volume de bois
Les bûches ont pris place dans une étagère en acier patiné noir réalisée sur mesure (Frédérique Gormand), escamotée d’un côté par des portes coulissantes et, de l’autre, par un rideau. Des lames de bois ancien au plafond, des dalles de pierre au sol, un chalet entre tradition et modernité.

Au bâti, Ingrid Taillandier de l’agence Itar. A l’aménagement intérieur, Frédérique Gormand qui, voilà vingt-cinq ans, fit ses armes chez Christian Liaigre. Fruit de leur collaboration, le chalet de montagne Blossom Hill, mêlant avec brio modernité et tradition ; un vaste cocon lové dans la vallée de la Tarentaise. « Le propriétaire, au goût assez classique, aspirait à quelque chose de confortable et de chaleureux, explique le tandem. En contrepoint, nous avons apporté notre vision résolument contemporaine. »
Authentique sans être austère, vernaculaire sans tomber dans le folklore, tellurique encore, ce refuge affiche une rare cohérence entre son enveloppe et ce qu’elle renferme. « C’est une construction neuve si bien que, dès la conception, nous avons pu penser le rapport intérieur-extérieur, poursuit le duo. Des bardages de bois ancien et de la pierre de Vals ménagent ainsi le passage de l’un à l’autre. » Distribué sur quatre niveaux totalisant près de 600 mètres carrés, le chalet ouvre en son sein de profondes horizontales et prend de l’altitude dans le salon… avec six mètres de hauteur sous plafond ! Des matériaux récursifs : chêne teinté, pin sablé, mélèze naturel dialoguent à l’unisson tout en assurant, là aussi, la continuité entre des pièces peu cloisonnées. Partie intégrante du système constructif, les murs, presque bruts, ont été laissés apparents et dressent une toile de fond dans toute la maison où une palette de gris et de grège mêlés renforce harmonie et unité.
Dans ce cadre qui se suffit à lui-même, le mobilier est réduit à l’essentiel et sert à redécouper l’espace. Résultat, des îlots dispersés avec une science éprouvée des accords de couleurs et de matières. Ici, d’incontournables italiens (Maxalto, B & B Italia, Minotti) côtoient des alter ego hexagonaux (Ligne Roset). Là, des pépites néerlandaises et danoises (Thomas Eyck, Hay) répondent aux créations d’Ingrid et de Frédérique. Deux femmes au sommet… un casting parfait

Dans le salon cathédrale, du béton brut et de l’acier pour réinventer le style chalet

Salon de beautés
Une belle envolée sous plafond coiffe un coin salon qui fédère les canapés “Hamilton” (Minotti), fauteuils “Clio” (Maxalto) et poufs “Urchin” (Thomas Eyck) autour d’une table basse en miroir réalisée sur-mesure. Parquet en chêne teinté huilé (La Parqueterie Nouvelle), murs en béton.

Une palette apaisante de gris et d’anthracite pour sortir des sentiers battus

Déjeuner en paix
Dans la salle à manger, sous le lustre “Altar” de Kevin Reilly, une table en chêne teinté, réalisée sur-mesure par Frédérique Gormand, et les chaises “Vik” de Thibault Desombre (Ligne Roset). Derrière, vaisselier en acier patiné noir (Frédérique Gormand). Au plafond, bardage en bois ancien brut. Au sol, chêne teinté et sablé.

En tête de lit, une fenêtre à volet intérieur pour dormir la tête dans les étoiles

Haut perché
Sous la charpente en pin sablé teinté, lit “e15” (Philipp Mainzer), bureau et lampe en acier, le tout sur-mesure, et chaise Thonet. Cheminée en béton, fonctionnant à l’éthanol.

Bel ovale
Devant une cloison bardée de bois ancien brut, baignoire noir graphite “Space 155” en Solid Surface (Hidrobox) et table d’appoint “Metal Side Table” de Ronan & Erwan Bouroullec (Vitra). Parquet en chêne teinté huilé.

Tablette de chevet et suspensions perlées : place aux bonnes idées dans la chambre !

Jeu de construction
Cette chambre en rez-de-jardin joue la carte du naturel avec une cloison ajourée en mélèze qui dialogue à la verticale avec des suspensions de la designer australienne Coco Reynolds, en perles de bois (Marz Designs).

Temps de neige
La salle de bains se cache derrière la cloison en mélèze naturel de la chambre. La vasque, le sol et les murs sont en pierre de Vals jaspée de blanc.

Réalisation : Marie-Claire Blanckaert - Texte : Laurent Montant- Photos : Eric Morin

Jean-Baptiste Huynh, photo sensible
Le petit théâtre de Vincent Darré