A l’image de ce galeriste plein d’énergie, l’appartement d’Ayann Goses est un cocktail détonnant : vitaminé, vintage et friendly. Un lieu où se retrouvent les amateurs éclairés pour chiner sur canapé.

Design addict
La “Pipistrello” (Martinelli Luce, 1965) fête ses 50 ans. La main posée sur ses ailes, Ayann Goses affiche ses 40 ans, rayonnant.

Un air fifties
Autour de la table “Aéronautique” de Jean Prouvé (Edition Tecta, 1980), bien plantée côté salle à manger, les chaises “Fourmi” d’Arne Jacobsen font la ronde. Au-dessus, suspension 5 bras en métal (Atelier moderniste). Etagère “Oscar” et buffet bas (les deux datent des années 50). Fauteuil Eames (années 50-60, Herman Miller).

Géométrie et harmonie
Dans le salon, sur le tapis “Europia” (prototype désormais édité par Habitat), une table basse de Jacques Dumont (années 50) et trois boîtes en métal et pierres (Redmile, Londres, années 70). Tandis que la suspension “Aldgate” (Habitat) résonne avec l’oeuvre abstraite accrochée au mur, le canapé modulable “Panorama” (Habitat) prend ses aises.

Cuisiner au bleu
Dans la cuisine, dont les éléments proviennent de chez Ikea, belle harmonie de bleu, de jaune et de gris. A droite, bar roulant en métal, de Mathieu Matégot (années 50).

Ayann Goses vit à 200 à l’heure ! Marchand et galeriste (galeries GAM et Avril), il est sur tous les fronts où le conduit sa passion pour le design. Aux Puces de Saint-Ouen, à l’invitation d’Hervé Giaoui, il a dirigé Habitat 1964 et animé ce « top spot » auréolé de boutiques et d’un bar. Sur le salon Design Elysées (du 22 au 26 octobre 2015), il endosse le rôle de directeur artistique. Bref, ses journées comptent double… voire triple ! Alors, en septembre 2014, quand il investit son nouvel appartement, c’est forcément tambour battant. « Vaste chantier, explique-t-il, mené en tout juste deux mois par Valérie Palatchi, l’épouse de Nicolas, mon associé de la galerie Avril. » Ce duplex, de près de 90 m2, est situé dans les étages de Livio, le restaurant de ses amis Charles et Pierre Innocenti. Une institution made in Neuilly, la ville où Ayann a grandi. « N ous avons dû revoir la distribution, précise Valérie, abattre des cloisons, en créer d’autres, refaire tous les parquets. » Un comptoir de caractère est sacrifié pour créer le salon.

Dans l’escalier, une ouverture à barreaux est remplacée par un hublot. Cette géométrie gironde essaime dans toute la maison et résonne avec le mobilier et les oeuvres d’art. Entre effets d’optique et abstraction, Ayann a su imposer la couleur avec une force tranquille. Au mur, le gris et le bleu battent en brèche les tapis Habitat. « Cet appartement est en perpétuel mouvement, reprend Ayann. J’organise des dîners où collectionneurs et amis – Lenny Kravitz, entre autres – trouvent parfois leur bonheur. » De ligne en cercle, au fil des pièces, une ambiance d’appartement newyorkais distille son élégance fifties-sixties. Le personnage incarné par Audrey Hepburn dans “Diamants sur canapé” pourrait renaître ici, parmi Matégot, Jacobsen ou Prouvé, dont ce passionné s’est fait une spécialité. Un peu à part, la salle de bains installe sa zénitude en noir et blanc. Comme une parenthèse, un temps pour soi… avant de repartir plus vite encore.

Le design des années 50 joue aussi sa partition colorée

Sweet dreams
Sur le rebord de la fenêtre, sculpture en résine fractale de Pierre Giraudon représentant le dieu Horus (années 70). Sur la table de chevet, lampe en tôle pliée de Mathieu Matégot (années 50). Coussins et dessus-de-lit en lin (Designers Guild).

Rigueur et sérénité
La salle de bains a été traitée en mode minimaliste : faïence blanche et noire au mur, mosaïque au sol. Vasques “Confetti” et meuble (le tout Lapeyre), serviettes (Jalla).

Réalisation : Marie-Claire Blanckaert - Texte : Laurent Montant – Photos : Gilles Trillard

Clacissisme bien tempéré